Coupures de combustible telles qu’appliquées par le réseau méditerranéen : quelle réplicabilité pour le massif forestier des Landes de Gascogne ?
Face à l’augmentation du risque d’incendies de forêt extrêmes, le cloisonnement du massif forestier par des coupures de combustible apparaît comme une piste prometteuse pour renforcer la prévention dans les Landes de Gascogne. Cet article interroge la réplicabilité des démarches développées dans le Sud-Est de la France, et, à partir des travaux du projet FIRE-RES, met en lumière les conditions, les atouts et les obstacles à leur adaptation au contexte landais..
Introduction
Le massif forestier des Landes de Gascogne, malgré la forte continuité de son couvert combustible, a été relativement épargné par les incendies extrêmes depuis la mise en place, au cours du vingtième siècle, des ASA DFCI (Associations syndicales autorisées de défense des forêts contre les incendies) et des SDIS (Services départementaux d’incendie et de secours). Toutefois, ces dernières années, plusieurs incendies majeurs ont mis en évidence la vulnérabilité persistante de ce territoire. En 2022, les feux de Landiras et de La Teste-de-Buch, qui ont détruit près de vingt-huit mille hectares de forêt, ont rappelé la sensibilité du massif face à des conditions météorologiques extrêmes. Ces événements ont suscité une vive inquiétude parmi les acteurs locaux, tant le massif constitue un enjeu majeur sur les plans économique, social et touristique.
La stratégie globale de défense contre les incendies du Sud-Ouest de la France a montré ses limites dans de telles conditions, invitant à s’intéresser aux améliorations possibles en termes de stratégies de prévention : en effet, pour maîtriser les feux de grande ampleur, il est nécessaire de concevoir des solutions permettant de freiner l’intensité et la vitesse de propagation des feux. Les stratégies d’aménagement territorial font l’objet d’une attention grandissante : suite aux incendies de 2022, et pour faire « face à la situation inédite qu’est l’urgence climatique », le SDIS des Landes, relayant le travail du Laboratoire vivant Nouvelle-Aquitaine du projet FIRE-RES (encadré 1), invitait à proposer des « solutions innovantes et de grande ampleur », telles que « le morcellement du massif » (Chambre régionale des comptes Nouvelle-Aquitaine, 2023).
L’objectif du projet européen FIRE-RES
L’Institut européen de la forêt cultivée est le coordinateur du Laboratoire vivant Nouvelle-Aquitaine
L’article « Stratégies de prévention face aux risques liés aux feux de forêt dans les Landes de Gascogne : repenser le rôle de l’aménagement du territoire » s’appuie sur le thème abordé et les travaux effectués dans le cadre de l’innovation « Policy clinics », qui porte sur l’aménagement du territoire landais, l’analyse des outils d’urbanisme et leur cohérence au regard des nouveaux enjeux de protection des territoires face aux incendies.
Deux autres articles coécrits par les mêmes auteurs complètent le sujet. Retrouvez-les en ligne sur le site de la revue Sciences Eaux & Territoires :
Les travaux du Laboratoire vivant Nouvelle-Aquitaine, qui ont rassemblé les acteurs de terrain et de la recherche autour de la question des feux de forêt, se sont focalisés sur l’efficacité et la faisabilité technique et réglementaire d’une telle stratégie. Ces travaux se sont appuyés non seulement sur les innovations développées dans le cadre du projet (modélisation, analyse du cadre réglementaire), mais aussi sur les retours d’expérience du Réseau coupure de combustible (RCC), une initiative mise en place en région méditerranéenne dès les années 1990 et s’appuyant sur la discontinuité du combustible (Rigolot, 2020).
Si une réplicabilité du modèle du RCC pourrait être envisagée à l’échelle du massif landais, il faut tenir compte du fait que, dans le Sud-Est de la France, le RCC a pu être mis en place dans le cadre d’une animation spécifique et bornée dans le temps sur une vingtaine d’années, permettant de lever des obstacles réglementaires qui auraient pu initialement limiter le projet. En outre, le contexte aquitain diffère largement de celui du Sud-Est, zone à relief avec une forte densité de population et une faible valeur économique attribuée à la forêt.
Les ruptures de combustible, une stratégie complémentaire aux infrastructures DFCI (Défense de la forêt contre les incendies)
Le principe général consiste ainsi à créer de larges bandes où la végétation est traitée tant en volume qu’en structure de combustible pour réduire la puissance d’un front de feu, en tenant compte de la vitesse de propagation de ce front sur la coupure (Duché et Rigolot, 2000). Positionnées de façon stratégique, bien entretenues et accompagnées d’une vision régionale, le principe même de coupures a déjà prouvé son efficacité (Rigolot, 2002 ; Badilla et al., 2024).
Les caractéristiques de l’ouvrage (traitement de la végétation, équipements pour la lutte, implantation, dimensionnement…) dépendent ainsi de l’objectif opérationnel assigné (Duché et Rigolot, 2000). Trois types de coupures de combustible peuvent être distingués selon l’objectif principal qui leur est assigné (Rigolot, 2002) :
- les coupures dont l’objet principal est la limitation des surfaces parcourues par les grands incendies, conçues et aménagées pour permettre une action de lutte contre un incendie ;
- les coupures dont l’objet principal est la réduction des effets des incendies, conçues pour avoir un rôle de protection rapprochée des enjeux face au front de feu ;
- les coupures dont l’objet principal est le traitement des départs de feux, dont l’aménagement consiste à rendre le milieu défavorable à l’éclosion du feu et à sa montée en puissance, mais aussi le rendre favorable aux interventions des forces de lutte. Ces ouvrages doivent limiter les risques induits, donc les risques de propagation du feu de la zone d’activité humaine vers la forêt.
Les coupures de combustible objet de cet article font partie du premier type, qualifiées aussi de grandes coupures stratégiques, voire de « ruptures » de combustible à l’échelle du paysage (figure 1). Comme les deux autres types de coupures leur réalisation s’accompagne naturellement d’opérations de débroussaillement, mais elles sont aussi dotées de pistes d’accès, de points d’eau et d’une signalétique spécifique.
Source : Lambert et al. (1999). 
Figure 1. Exemples de coupures de combustible.
Il n’y a pas de consensus sur la largeur que doit avoir ce type de grande coupure pour être considérée comme telle. Des auteurs recommandent une largeur minimale de cent mètres (Rigolot et Morvan, 2003), quand d’autres auteurs mentionnent une largeur de trois cents mètres (Kaiss et al., 2007) qui semble adaptée dans un contexte de pins pouvant atteindre trente mètres de haut.
La réduction du combustible peut être obtenue et entretenue en changeant l’usage du sol, notamment en substituant l’usage forestier par un usage agricole, de loisir ou d’énergie renouvelable. Le principe de coupures de combustible et de leur entretien par l’agriculture et le pastoralisme est d’ailleurs ancien et figure dans des écrits remontant aux années 1800 (Lambert et al., 1999). Toutefois, le changement d’usage du sol n’est pas indispensable, un usage forestier peut être maintenu et associé à des pratiques de sylviculture préventive telles qu’une réduction de la végétation et/ou un choix particulier d’essences sur une zone donnée (Massaiu et Tiger, 2022).
La contribution de l’agriculture ou de l‘élevage est le plus souvent ponctuelle dans un ensemble de coupures de combustible internes aux massifs forestiers. Le Guide d’aménagement des coupures agricoles à intérêt de défense contre les incendies du Var définit ainsi les différentes catégories de coupures agricoles à vocation de défense de la forêt contre les incendies (DFCI). Il précise quels sont les aménagements DFCI, les itinéraires techniques agricoles à mettre en œuvre, pour qu’une coupure agricole ou pastorale limite la propagation des incendies et permette l’intervention des sapeurs-pompiers en sécurité (Chambre d’agriculture du Var, 2025).
Le Réseau coupures de combustible : des enseignements issus d’une initiative pionnière
La recrudescence des grands incendies méditerranéens dans les années 1980 et 1990 a conduit les acteurs régionaux de la prévention et de la lutte à relancer la réflexion pour renforcer le cloisonnement des massifs forestiers par un ensemble cohérent de « coupures de combustible » (Thavaud et al., 2006).
C’est dans ce contexte que le Réseau coupures de combustible (RCC) a été créé. Lieu d’échange et de réflexion, il rassemblait chercheurs, gestionnaires, services de développement, services administratifs et services de lutte contre les incendies de la région méditerranéenne française. L’idée était de générer des actions et réflexions sur l’efficacité de la prévention des incendies de forêt par le biais de la création, de l’entretien et de l’utilisation des coupures de combustible (Rigolot et al., 2020). Le réseau maillé de grands ouvrages DFCI du RCC (pistes, et zones d’appui pour la lutte, zones débroussaillées) cherchait à dépasser la vision DFCI « classique » en intégrant une vision stratégique et paysagère.
La définition de coupure de combustible à laquelle se réfèrent les travaux du RCC est inspirée de celle du Guide du Forestier méditerranéen du Cemagref
La bande aménagée peut être constituée de parcelles cultivées par des cultures annuelles, de cultures pérennes, de parcours et de pâtures boisés ou non, sur lesquelles un certain nombre de pratiques sont mises en œuvre pour atteindre les objectifs attendus en matière de prévention des incendies de forêt (Thavaud et al., 2006).
Il s’agit donc ici de coupures de combustible stratégiques, associant à la fois les concepts de gestion de combustible et de stratégie de lutte et contribuant à la compartimentation des massifs forestiers. Cette compartimentation constituait un cloisonnement secondaire, étant entendu que les grandes plaines agricoles qui séparaient les massifs forestiers entre eux constituaient des cloisonnements primaires étanches au feu. Ces grandes coupures stratégiques demeurent avant tout des lignes de combat, dont l’emplacement et les modalités de réalisation devaient être choisis après examen minutieux des cloisonnements primaires existants, des scenarii de feux de référence et des stratégies de lutte les plus probables (Lambert et al., 1999). Après presque vingt ans d’expérimentation et de réflexion (1992-2010), les expérimentations conduites dans le cadre du RCC et leurs retours d’expérience ont permis d’identifier plusieurs conditions à réunir afin de garantir l’efficacité du dispositif, permettant d’ouvrir la voie à des initiatives similaires dans d’autres régions. Rigolot et al. (2020) formulent ainsi les recommandations suivantes pour garantir l’efficacité des grandes coupures de combustible:
- ne pas baisser la garde sur les fondamentaux du contrôle du combustible pour maintenir les acquis en période de risque non exceptionnel ;
- les coupures ne sont efficaces que si elles sont régulièrement entretenues ;
- les coupures supposent la disponibilité d’une partie des moyens de lutte ;
- les coupures doivent être réalisées et testées en partenariat avec l’ensemble des acteurs de la prévention et de la lutte et de l’aménagement du territoire ;
- les grandes coupures sont complétées par les ouvrages de protection des enjeux, tels que les obligations légales de débroussaillement, pour les périodes de risque exceptionnel, qui seront de plus en plus fréquentes, au détriment, si les ressources sont constantes, des ouvrages de limitation des surfaces brûlées.
Les travaux menés par le RCC ont également montré l’intérêt qu’il y avait d’intégrer l’élevage aux aménagements de prévention des incendies. Les résultats obtenus fondent encore les pratiques aujourd’hui en région méditerranéenne (Rigolot et al., 2020).
Une efficacité nuancée
Il est important de noter que le rôle des coupures est limité face aux feux extrêmes ou aux sautes de feux (Rigolot et Morvan, 2003; Moreira et al., 2011). D’autant que la largeur idéale reste difficile à définir, tant des phénomènes de compensation existent entre des paramètres comme la pente, le couvert arboré ou la qualité du débroussaillement (Rigolot, 2002).
En somme, les ruptures de combustibles et la fragmentation du territoire ne doivent pas être pensées comme une stratégie unique ; il faut plutôt chercher à combiner les coupures avec d’autres traitements du combustible dans différentes zones pour réduire la taille et l’intensité des incendies de forêt (Rossi et al., 2019) en agissant à différentes échelles.
De plus, même si les coupures de combustible peuvent être efficaces à l’échelle locale à condition d’avoir fait l’objet d’une conception soignée et d’un entretien régulier (Rigolot et Morvan, 2003), d’autres résultats préconisent de les réaliser à grande échelle pour être efficaces (Oliveira et al., 2016). La conception des coupures de combustible doit donc être prise en compte à trois niveaux :
- au niveau départemental, qui est l’échelle d’organisation des acteurs de la prévention et de la lutte ;
- au niveau du massif forestier, qui représente l’échelle territoriale concernée par le phénomène feu de forêt. La cohérence des réseaux de coupures de combustible s’évalue au regard du cloisonnement secondaire obtenu ainsi que de la densité des équipements DFCI en place (signalisation, points d’eau…) ;
- au niveau de la coupure elle-même, le dimensionnement local de l’ouvrage est ajusté en fonction des contraintes topographiques, de l’intensité attendue de l’incendie incident, de la stratégie de lutte à déployer et des enjeux à protéger.
Cela suppose une forte collaboration entre les acteurs et la mise à disposition d’outils intercommunaux voire régionaux.
Finalement, le système de cloisonnement des massifs forestiers par un réseau de coupures de combustible n’est pleinement efficace que si ces ouvrages sont connectés en lisière de massif à des plaines agricoles étanches au feu. Si ces cloisonnements primaires que constituent ces grandes plaines agricoles permettent la propagation localisée du feu par quelques délaissés combustibles, voire une propagation généralisée suite à un retrait de l’agriculture plus important laissant place à une colonisation arbustive spontanée enfrichement conséquente comme dans le massif des Corbières, il n’y a plus d’obstacle au développement de feux extrêmes.
L’apport des outils de modélisation
La connaissance produite grâce au perfectionnement des outils scientifiques et d’aide à la décision, tels que les travaux de modélisation, permet de compléter ces retours d’expérience. Dans leurs travaux, les chercheurs utilisent des modèles de simulation de propagation des feux en intégrant les ruptures de combustible comme variable (Badilla et al., 2024 ; Moreira et al., 2011). L’exploration de ces modèles est au cœur du projet FIRE-RES et constitue un axe de recherche important
Dans un livrable du projet FIRE-RES, Badilla et al. (2024) s’intéressent aux effets de la gestion du combustible à l’échelle paysagère. À l’aide du logiciel Cell2Fire, un simulateur de propagation des incendies, et du logiciel QGIS, un logiciel SIG (système d’information géographique), ils démontrent que la réduction du combustible dans des endroits stratégiques diminuent la probabilité de propagation d’un incendie vers les interfaces urbaines vulnérables, et améliorent l’efficacité des opérations de lutte. Cependant, l’efficacité des débroussaillements dépend fortement de leurs placements stratégiques dans le paysage : les auteurs préconisent donc l’utilisation de ce type d’outils d’aide à la décision pour optimiser le placement et la conception de ces ruptures.
Une autre étude, produite par Moreews et al. (2025) dans le cadre du projet FIRE-RES et directement inspirée du RCC, propose de tester l’effet d’une stratégie de morcellement du massif des Landes de Gascogne sur le risque feu de forêt. L’étude démontre, à l’aide du modèle PROMETHEUS, qu’une segmentation du massif avec de grandes coupures de combustible permettrait de faire baisser significativement le risque, en particulier dans des conditions climatiques analogues à celles de l’été 2022.
Les ruptures de combustible envisagées dans le cas landais pourraient être des zones agricoles, des espaces de loisir, des installations sportives ou encore des installations d’énergies renouvelables bien entretenues, qui combineraient caractère non combustible et fonctionnalité pour les usagers du territoire. Il est important de noter que les conclusions de l’étude reposent sur l’hypothèse d’une surface forestière constante, et donc d’un système de « permutation » entre les usages du sol. Cette hypothèse a été formulée afin de tenir compte de la valeur du patrimoine forestier dans les Landes de Gascogne, et dans l’objectif de maintenir le capital sur pied des propriétaires.
Conclusion et perspectives
À l’heure où les incendies extrêmes font peser une menace croissante sur nos territoires, les retours d’expérience du RCC, ainsi que les travaux de plus en plus nombreux sur l’efficacité des ruptures de combustible, constituent de précieux outils pour concevoir des stratégies territoriales plus résilientes.
La réplicabilité d’une stratégie similaire au RCC nécessite toutefois quelques ajustements en considération des différences entre les contextes méditerranéen et aquitain. La forêt landaise possède un caractère économique qui est beaucoup plus ténu dans le Sud-Est de la France, et l’omniprésence de la propriété privée pose des contraintes aux opérations d’aménagement, en plus des difficultés d’acceptabilité de la part des propriétaires. Sur le plan réglementaire, les obstacles sont encore plus nombreux : les outils d’aménagement et d’urbanisme qui incluent une gestion du risque incendie sont peu prescriptifs, et se révèlent insuffisants pour coordonner une stratégie à l’échelle régionale. La faisabilité réglementaire d’une stratégie impliquant de nombreux changements d’usage du sol pourrait aussi être fortement entravée par le durcissement du droit environnemental et la densification des réglementations restrictives. À titre d’exemple, les directives européennes (Habitats, Oiseaux) sont appliquées plus strictement et les impacts de la fragmentation sur les continuités écologiques sont de mieux en mieux connus, ce qui a amené les pouvoirs publics à instaurer la Trame verte et bleue (Grenelle I – 2009 et Grenelle II – 2010). Paradoxalement, la mise en place d’un cloisonnement secondaire pourrait contribuer aux objectifs de ces mêmes réglementations : par exemple, en incluant la réhabilitation de prairies pastorales, favorable aux continuités écologiques.
Remerciements
Ce travail a été réalisé dans le cadre du groupe de tâches 4 (WP4) du projet FIRE-RES financé par le programme européen recherche et innovation Horizon 2020, sous le numéro d’agrément 101037419.
Ce travail a pu être réalisé grâce à l’implication des membres du Laboratoire vivant FIRE-RES des Landes de Gascogne, en particulier les chercheurs du centre INRAE d’Avignon impliqués dans les travaux sur le RCC. Leur partage d’expérience, et leur expertise ont considérablement nourri les réflexions entreprises dans le cadre du projet FIRE-RES.
Cet article a bénéficié du financement du conseil départemental des Landes n°32811-2026.
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Photo d’entête : Sylvie Vanpeene (INRAE)
Notes
- 1. FIRE-RES : « Technologies innovantes et solutions socio-écologiques et économiques pour des territoires résilients au feu en Europe » : https://fire-res.eu/
- 2. https://www.plantedforests.org/fr/infrastructures/fire-res/
- 3. Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts.
- 4. https://fire-res.eu/4-1-efficient-fuel-management-and-effective-treatments/
Références
- Badilla, F., Carrasco, J., Espinoza, C., González, J. R., Palacios, D., Mahaluf, R. Vilchez, M., & Weintraub, A. (2024). Recommendations for improving security on WUI at multiple scales. Deliverable D2.4 FIRE-RES project. https://10.5281/zenodo.14206158
- Cemagref. (1999). Guide technique du forestier méditerranéen français - 4 : Protection des forêts contre l'incendie. Cemagref Aix-en-Provence.
- Chambre d’agriculture du Var. (2025). Guide d’aménagement des coupures agricoles à l’intérêt de défense contre les incendies. https://paca.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/257_chambres_dagriculture_provence-alpes-cote_dazur/CA83/Documents/CA83_guide_amenagement_DFCI.pdf
- Chambre régionale des comptes Nouvelle-Aquitaine. (2023). Gestion du département des Landes: rapport d’observations définitives (NAR2023-087). Cour des comptes. https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-12/NAR2023-087_0.pdf
- Duché, Y., & Rigolot, É. (2000). Mises au point préliminaires. Dans É. Rigolot & M. Costa (dirs.), Conception des coupures de combustible(RCC n°4, pp. 17-20). Réseau Coupures de combustible/Éditions de la Cardère.
- Kaiss, A., Zekri, L., Zekri, N., Porterie, B., Clerc, J., & Picard, C. (2007). Efficacité des coupures de combustible dans la prévention des feux de forêts. Comptes Rendus Physique, 8(3 4), 462-468. https://doi.org/10.1016/j.crhy.2007.02.002
- Lambert, B., Casteignau, D., Costa, M., Étienne, M., Guiton, J. L., & Rigolot, E. (1999). Analyse après incendie de six coupures de combustible. Réseau Coupures de combustible/Éditions de la Cardère.
- Massaiu, A., & Tiger, M., (2022). Guide de sylviculture pour la prévention des incendies en Corse. ONF/Éditions de la Cardère.
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- Moreira, F., Viedma, O., Arianoutsou, M., Curt, T., Koutsias, N., Rigolot, E., Barbati, A., Corona, P., Vaz, P., Xanthopoulos, G., Mouillot, F., & Bilgili, E. (2011). Landscape –wildfire interactions in southern Europe:Implications forlandscape management. Journal Of Environmental Management, 92(10), 2389-2402. https://doi.org/10.1016/j.jenvman.2011.06.028
- Oliveira, T. M., Barros, A. M. G.,Ager, A. A., & Fernandes, P. M. (2016). Assessing the effect of a fuel break network to reduce burnt area and wildfire risk transmission. International Journal Of Wildland Fire, 25(6), 619. https://doi.org/10.1071/wf15146
- Rigolot, E. (2002). Du plan départemental à la coupure de combustible. Guide méthodologique et pratique. Réseau Coupures de combustible/Éditions de la Cardère.
- Rigolot, E., Lambert, B., & Etienne, M. (2020). Les enseignements du Réseau coupures de combustible. Forêt méditerranéenne T.XLI(3), 233-238. https://www.foret-mediterraneenne.org/_0/upload/biblio/FORET_MED_2020_3_233-238.pdf
- Rigolot, E., & Morvan, D. (2003). Évaluation de l’efficacité des coupures de combustible par deux approches : dires d’experts et modélisation. Forêt Méditerranéenne XXIV(4), 403-418. https://www.foret-mediterraneenne.org/_0/upload/biblio/FORET_MED_2003_4_403-418.pdf
- Rossi, J. L., Marcelli, T., Chatelon, F. J., Morvan, D., & Simeoni, A. (2019). Fuelbreaks: a part of wildfire prevention. Dans United Nations Office for Disaster Risk Reduction (dir), Global Assessment Report on Disaster Risk Reduction 2019 Contributing Paper [pp. 25].
- Thavaud, P., Aussibal, G., Beniamino, F., Beylier, B., Blenat, R., Brosse-Genevet, E., Carrer, F., Clément, Y., Coudour, R., Dimanche, M., Dureau, R., Gouty, A. L., Micola, S., Perchat, S., Pourrière, C., Thavaud, P., & Vinçon, S. (2006). Dispositif agroenvironnemental appliqué à la prévention des incendies de forêt en région méditerranéenne : résultats de 20 ans de réalisations et propositions pour l’avenir (RCC n°11)[Document de synthèse]. Réseau Coupures de combustible/Éditions de la Cardère.
Résumé
Les incendies majeurs de l’été 2022 dans les Landes de Gascogne ont mis en évidence la vulnérabilité du massif forestier face aux feux violents liés aux conditions météorologiques extrêmes. Ces évènements de grande ampleur étant amenés à se multiplier dans les prochaines décennies, de nombreux acteurs locaux, dont les services de lutte (Service départemental d'incendie et de secours - SDIS) appellent à questionner la stratégie d’aménagement territorial dans les Landes de Gascogne. Une solution émergente, et mise en avant par les professionnels du risque feu de forêt, consisterait à mettre en place un réseau de discontinuités de combustible, formant un cloisonnement stratégique au sein du massif. Cette idée a fait l’objet d’études approfondies dans le cadre du projet FIRE-RES. Particulièrement plébiscitée par les membres du Laboratoire vivant Nouvelle-Aquitaine, constitué aussi bien d’acteurs de terrain que de chercheurs, elle serait une solution indispensable pour améliorer la stratégie de prévention du massif landais. Les retours d’expérience du Réseau coupures de combustible (RCC), ainsi que les travaux de modélisation entrepris dans le cadre du projet FIRE-RES, soutiennent également la pertinence d’un réseau de discontinuités. Pour être réellement efficace, il doit cependant être considéré comme un appui supplémentaire à la prévention des incendies et non comme une méthode unique se suffisant à elle-même. Le choix de l’emplacement des ruptures de combustible doit également être stratégique, et intégrer une vision à l’échelle régionale. Entre enjeux économiques, pluralité des parties prenantes à engager et manque d’outils réglementaires à l’échelle adaptée, la mise en place d’une stratégie inspirée des travaux du RCC en Nouvelle-Aquitaine se heurte à des obstacles qu’il sera nécessaire de lever.
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